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A ceux que les pensées des autres choquent :

Sans la liberté de blâmer, il n'est point d'éloge flatteur ; ... il n'y a que les petits hommes, qui redoutent les petits écrits. (Pierre Augustin Caron de Beaumarchais)

 

Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre, sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. (Article 19 Déclaration universelle des droits de l'homme)

 

Ecrivez-nous si vous rencontrez des problèmes sur ce site.

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Un peu de philosophie :

 

Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions. (Confucius)

 

Plus on prend de la hauteur et plus on voit loin. (Proverbe chinois)

 

Reculez d'un pas et tout s'élargira spontanément. (Proverbe chinois)

 

Quand le sage désigne la lune, l'idiot regarde le doigt. (Proverbe chinois)

 

L'homme supérieur se tient dans le juste milieu. (Confucius)

 

La vraie faute est celle qu'on ne corrige pas. (Confucius)

 

On doit aimer son prochain comme soi-même ; ne pas lui faire ce que nous ne voudrions pas qu'il nous fît. (Confucius)

 

Que l'on s'efforce d'être pleinement humain et il n'y aura plus de place pour le mal. (Confucius)

 

Le prince ne doit pas craindre de n'avoir pas une population nombreuse, mais de ne pas avoir une juste répartition des biens. (Confucius)

 

Sous un bon gouvernement, la pauvreté est une honte ; sous un mauvais gouvernement, la richesse est aussi une honte. (Confucius)

 

Si vous donnez un poisson à un pauvre, il mangera un jour ; mais si vous lui apprenez à pêcher, il mangera tous les jours. (Proverbe chinois)

 

Plutôt que de se promener sur la rive et regarder le poisson d'un oeil d'envie, mieux vaut rentrer chez soi et tisser un filet. (Proverbe arabe)

 

Mieux vaut allumer une chandelle que maudire l'obscurité. (Proverbe chinois)

 

Mieux vaut transmettre un art à son fils que de lui léguer mille pièces d'or. (Proverbe chinois)

 

Maison de paille où l'on rit vaut mieux qu'un palais où l'on pleure. (Proverbe chinois)

 

Le contentement apporte le bonheur, même dans la pauvreté. Le mécontentement apporte la pauvreté même dans la richesse. (Confucius)

 

Rien ne manque aux funérailles des riches, que des gens qui les regrettent. (Proverbe chinois)

 

Le pauvre devine ce que donne la richesse, le riche ne sait pas ce que signifie la pauvreté. (Proverbe chinois)

 

Ne crains pas d'avancer lentement, crains seulement de t'arrêter. (Proverbe chinois)

 

Les grandes âmes ont la volonté ; les faibles n'ont que des souhaits. (Proverbe chinois)

 

Parler ne fait pas cuire le riz. (Proverbe chinois)

 

Si ce que tu as à dire n'est pas plus beau que le silence, tais toi. (Proverbe chinois)

 

Ceux qui aiment à blâmer sont, par nature, peu propres à l'amitié. (Les penseurs grecs avant Socrate)

 

Un homme n'est pas bon à tout, mais il n'est jamais propre à rien. (Proverbe chinois)

 

" Il faut allier le pessimisme de l'intelligence à l'optimisme de la volonté "

Selon wikipedia, c'est une citation d'Antonio Gramsci (1891-1937), qui se serait inspiré de celle de Romain Rolland : " Pessimisme de l'intelligence, mais optimisme de la volonté. "    http://fr.wikipedia.org/wiki/Pessimisme

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Vendredi 2 septembre 2011 5 02 /09 /Sep /2011 22:21

Quelle philosophie pour l’économie ?

 

Certaines personnes pensent que l’économie est quelque chose de réservé aux experts et qui n’a aucune influence sur la vie réelle. Grossière erreur ! En effet, on ne vit pas du tout la même chose si l’on a un revenu confortable ou si on meurt de faim. De même, devoir travailler (travail inintéressant et tuant au sens propre du mot) 12 heures par jour, 7 jours sur 7 et sans vacances, pour tout juste survivre (dès l'enfance et avec une espérance de vie de 25 ans) n’est pas la même chose que d’avoir de l’argent, des loisirs et un travail passion (et une bonne espérance de vie). Egalement, subir le chômage ou même simplement l’angoisse d’être au chômage ne donne pas la même vie que dans une économie de plein emploi.

 

La philosophie, quand à elle, ne doit pas se cantonner à des exercices intellectuels, certes intéressants, mais ne débouchant sur rien de concret. Les grands philosophes antiques s’intéressaient à la vie réelle et au but de la vie réelle.

 

De même que la guerre est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux militaires, l’économie est une affaire trop sérieuse pour la laisser aux économistes. De plus, les économistes sont souvent en désaccord et il faut savoir arbitrer.

 

"Travailler plus pour gagner plus". Voilà un exemple d’affirmation sur laquelle les économistes sont en désaccord. Les philosophes également. D’un côté il semble logique que, si l’on travaille plus, on gagne plus. Un salarié non "forfaité" (qui n’est pas au "forfait jours") gagnera plus s’il fait des heures supplémentaires. Mais, si l’on tient compte du chômage et de la loi de l’offre et de la demande, si les salariés offrent plus d’heures de travail et si la demande des employeurs est réduite, l’heure de travail sera moins chère (limité quand même par le salaire minimum là où il existe) ou le nombre de postes offerts sera réduit (ce qui entraîne plus de concurrence sur les postes offerts, donc moins d’exigences de la part des salariés). De plus, les heures supplémentaires faites par un cadre au "forfait jours" ne sont pas rémunérées. Par ailleurs, la mondialisation actuelle, en mettant en compétition les salariés du monde entier, fait qu'en France et dans d'autres pays similaires la pression sur les salariés s'accroit alors que les salaires sont stagnants et même souvent en baisse (en tenant compte de l'inflation) et que le chômage est massif et durable (depuis les années 70). On voit bien que, sur le plan économique, une affirmation qui semble aller de soi est contestable.

 

Sur le plan philosophique cette affirmation peut également être contestée. "Gagner plus" est-ce un but dans la vie ? Quand c’est nécessaire pour la survie oui, sinon ? "Travailler plus" est-ce une bonne chose ou une mauvaise chose ? (Je rappelle le débat sur "Le travail est-il une valeur ?"). L’être humain n’est-il pas autre chose qu’une machine à produire et à consommer ?

 

D’ailleurs peut-on tous consommer plus ? La planète y survivra-t-elle ?

 

Autres questions : Faut-il que seulement quelques uns travaillent plus quand d’autres (les chômeurs) aimeraient travailler tout simplement ? N’y a-t-il pas un problème de répartition du travail et des richesses ? Devons nous appliquer à l’économie la philosophie du "que le meilleur gagne et tant pis pour les autres" ou devons nous répartir mieux le travail et la richesse ? Et "le meilleur", il est meilleur en quoi ? Est-il plus compétent professionnellement ou simplement plus soumis ? Est-il meilleur au travail ou meilleur dans sa gestion de carrière et la "guerre interne" ? Et puis pourquoi s’acharner à mettre en concurrence sauvage ceux qui ont besoin de travailler ? Pourquoi mettre de côté des gens qui sont capables, qui ont envie et qui ont besoin de travailler ? Pourquoi les condamner à un assistanat misérable et humiliant ?

 

Pourquoi, dans les entreprises, seul le capital a le pouvoir et pas les apporteurs de force de travail ? En effet, les salariés n’ont pas leur mot à dire dans les entreprises, à part les grands patrons. D’ailleurs, ces grands patrons, pourquoi sont-ils autant payés et que leur rémunération n’est même pas liée aux résultats réels de l’entreprise qu'ils dirigent ?

 

Egalement, devons nous laisser les marchés (et les agences de notation) régenter l’économie mondiale et imposer certaines décisions aux gouvernements ou devons nous réguler intelligemment la mondialisation ? Devons nous laisser les financiers jouer avec notre argent au risque de créer des crises économiques gravissimes (avec le chômage et la misère qui sont liés) ? Devons-nous les laisser chercher à s’enrichir sur notre dos sans qu’ils créent de la valeur ajoutée réelle (et plutôt en la détruisant) ?

 

Le texte sur le blog ecomondiale pose le problème d’un système qui "marche sur la tête": Actuellement, l’être humain est au service de l’économie et l’économie au service de la finance (à courte vue) alors que la finance devrait être au service de l’économie, elle-même au service de l’Homme. Devons nous laisser faire ?

 

Comme on le voit, la philosophie réelle est intimement liée à l’économie réelle. De multiples philosophies sont applicables à l’économie qui gouverne en grande partie nos vies.

 

Dans les grandes lignes :

choisissons-nous une philosophie de concurrence sauvage et de compétition sans merci (tempérée ou non par de l’assistanat misérable et humiliant), voire de guerre

ou

choisissons-nous une philosophie de coopération, de régulation intelligente, de solidarité (sans assistanat) et de paix ?

 

Jean-Marc 02/09/2011

 

Blog "ecomondiale" :

http://ecomondiale.over-blog.com/

 

Textes complémentaires :

 

- Pour un monde meilleur : un nouveau système économique mondial :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-24979162.html

 

- Mondialisation : faut-il réguler et comment ? :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-24978672.html

 

- Un système qui marche sur la tête :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-23814356.html

 

- Faut-il travailler plus pour gagner plus ? :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-18464485.html

 

- Le travail est-il une valeur ? :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-6703003.html

 

- La crise : Quels scénarios possibles ? :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-24394829.html

 

- Comment être solidaires sans verser dans l'assistanat ? :

http://ecomondiale.over-blog.com/article-6445010.html

 

Par Jean-Marc
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Vendredi 11 mars 2011 5 11 /03 /Mars /2011 23:00

Révolutions ? Révolution ?

Dans de nombreux pays les peuples se révoltent. Leur vie s'améliorera-t-elle ? Rien n'est garanti, mais on peut le leur souhaiter. A quand une révolution mondiale contre le principal oppresseur des peuples : l'ultracapitalisme financier mondialisé ?

La France connaît une "mini révolution" : le score FN dans les sondages, couplé avec une forte intention d'abstention. Face à cela on assiste à un débat politique de la pensée dominante au ras des pâquerettes.

Face aux enjeux majeurs que sont le chômage de masse, la misère, la dégringolade des classes moyennes, la concurrence sauvage mondiale, les fortes tensions diplomatiques, économiques, sociales, culturelles, nos dirigeants n'ont comme réponse que des incantations stériles sur le "travailler plus" et "la valeur travail"; la ritournelle lassante sur les 35 heures ("qui serait source de tous nos maux" selon des politicards qui ne savent même pas de quoi ils parlent en réalité), le report de l'âge de la retraite, la compétition inhumaine qui laisse de plus en plus de gens sur le côté etc.

Ces incantations et ces coups portés aux conditions de vie de ceux qui travaillent, ou cherchent à travailler, ne font que nous enfoncer dans la crise.

Beaucoup de signaux indiquent l'exaspération des oubliés et de ceux qui triment dans des conditions de plus en plus dures avant d'être "jetés" à leur tour.

Les vraies solutions existent : la régulation intelligente des échanges mondialisés et des marchés financiers ainsi que la taxation des transactions financières. Ces idées font lentement leur chemin, mais on ne sent pas une forte volonté de nos dirigeants de les appliquer rapidement. Faudra-t-il une révolution ?

Par Jean-Marc
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Mercredi 27 octobre 2010 3 27 /10 /Oct /2010 23:41

Financement des retraites : quelques autres possibilités

 

(Réponse de Jean-Marc à commentaire de Rolland)

 

La pensée dominante veut nous faire croire qu'il n'y a que trois possibilités pour le financement des retraites :

- Réduire le montant des retraites.

- Augmenter les cotisations.

- Travailler plus longtemps.

 

Ce que je dis c'est qu'en fait ces trois possibilités sont néfastes :

- Réduire le montant des retraites : Cela n'est pas satisfaisant, car cela veut dire une perte de pouvoir d'achat pour les retraités. Remarquons que les retraités actuels sont mieux lotis que les prochains, mais ils ont déjà vu leur retraite baisser petit à petit dans les faits. Quant aux prochains retraités, il y a déjà une forte baisse du pouvoir d'achat programmée par la réforme Balladur de 1993 entre autres.

- Augmenter les cotisations : C'est une voie à ne pas négliger, à condition que les salaires deviennent plus élevés, ce qui n'est pas le cas, ou que l'augmentation des cotisations soit prise en charge par l'employeur, mais, dans un contexte de concurrence internationale, cela joue contre l'emploi. C'est pourquoi je ne privilégie pas cette solution dans le contexte actuel.

- Travailler plus longtemps : C'est la voie que la droite a choisi : 1) Réforme Balladur de 1993 allongement de la durée de cotisation du privé. 2) Réforme Fillon de 2002 allongement de la durée de cotisation pour le public et le privé 3) Réforme Sarkozy de 2010 passage à 62 ans et à 67 ans. C'est une mauvaise solution, car c'est une régression sociale. De plus, la durée de cotisation de 41,5 ans, voire plus, est inique en contexte de chômage de masse et de carrières "à trous" pour un grand nombre de salariés. Cela amène dans les faits à repousser l'âge de la retraite (pour avoir la durée de cotisation) et/ou à diminuer le montant des retraites (si la durée de cotisation n'est pas atteinte). Et cela mène à repousser encore et encore l'âge de la retraite alors que de nombreuses personnes sont en recherche d'emploi. C'est absurde !

 

Par ailleurs, l'augmentation de la durée de vie ne veut pas dire que l'on soit en bonne santé de plus en plus vieux. L'espérance de durée de vie en bonne santé reste hélas stagnante à 63 ans.

 

Donc les fameuses "trois possibilités" de la pensé dominantes sont toutes de mauvaises solutions.

 

J'affirme qu'il y a une infinité d'autres possibilités :

 

Les gains de productivité seraient mieux utilisés au financement des retraites et à la hausse des salaires plutôt qu'à l'augmentation du chômage et au financement de la spéculation.

 

Retrouver une répartition de la richesse entre le capital et le travail plus équitable permettrait :

- de financer aisément les retraites et la santé

- d'augmenter le pouvoir d'achat des salariés, ce qui aurait pour effet de faire mieux tourner l'économie (donc de diminuer le chômage et les déficits etc.)

 

La taxation des transactions financières génèrerait une manne financière considérable (utilisable pour les retraites, la santé, la hausse du pouvoir d'achat pour les ménages, le financement d'activités utiles et créatrices de bons emplois, la baisse de certains impôts et taxes etc.) tout en ayant un impact positif sur l'économie.

 

La taxation des fortes plus-values financières permettrait de lutter contre la spéculation et d'obtenir des financements pour la retraite et autres.

 

La régulation intelligente de la mondialisation permettrait de stopper la concurrence néfaste entre les salariés du monde entier, de financer les retraites et le social, de lutter contre le chômage etc.

 

Rappelons que la baisse du chômage, en plus de tous ses autres effets bénéfiques, permet mécaniquement de réduire les déficits sans augmenter le taux des cotisations.

 

Bref, il y a une infinité de solutions à condition de bien vouloir sortir de la pensé dominante et de chercher de réelles solutions.

 

Jean-Marc

 

 

 

 

Par Jean-Marc
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Samedi 23 octobre 2010 6 23 /10 /Oct /2010 19:02

Voici une petite vidéo toute simple pour illustrer l'une des pistes de financement des retraites évoquée dans le texte ci-dessous : « Comment financer les retraites ? ».

http://ecomondiale.over-blog.com/article-comment-financer-les-retraites-46895804.html

 

Les gains de productivité doivent en effet être pris en compte dans le débat des retraites.

 

Pour voir les bons et mauvais usages des gains de productivité, voir le texte : « Mondialisation : faut-il réguler et comment ? »

http://ecomondiale.over-blog.com/article-24978672.html

 

Pour voir la vidéo :

http://www.dailymotion.com/video/xeeo9h_vive-les-retraites_fun

 

Jean-Marc

Par Jean-Marc
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 22:21

Comment financer les retraites ?

 

Au sujet des retraites, la pensée dominante voudrait nous faire croire qu'il n'existe que 3 paramètres à prendre en compte :

- durée de cotisation et âge de la retraite,

- taux de cotisation,

- niveau des retraites.

 

Si, pour des raisons compréhensibles de compétitivité et de pouvoir d'achat, on exclue les deux derniers paramètres, il ne reste plus qu'à augmenter la durée de cotisation et à reporter l'âge de la retraite (on entend parler de 65 ans, voire de 70 ans…)

 

Mais cela n'est pas si simple.

 

Il faudrait déjà, pour commencer, que les entreprises cessent de considérer :

- qu'après 35 ans une personne est trop âgée pour être embauchée,

- que, passé, 45 ans une personne est trop âgée pour évoluer,

- que, passé 55 ans, une personne est trop âgée pour travailler.

 

Il faudrait aussi prendre en compte la pénibilité. Mais qu'est-ce qu'un métier pénible ? Vaste débat… Peut-on supposer que seuls les ouvriers auraient des métiers pénibles ? Si l'on peut supposer qu'un enseignant chercheur n'exerce pas un métier pénible, est-ce vrai pour un enseignant dans une classe difficile ? Comment définir précisément une classe difficile ? Où placer la frontière ? Un cadre stressé par des objectifs inatteignables et la peur de perdre son emploi (qui le conduirait à la misère) ne fait-il pas un métier pénible ? Si non, pourquoi les suicides de cadres ? Les salariés des centres d'appels téléphoniques n'exercent-ils pas des métiers pénibles ? etc.

 

Il me semble qu'avant de partir sur un report de l'âge de la retraite et l'augmentation du nombre d'annuités, il faut en priorité traiter le problème du chômage.

 

Le nombre de cotisants est un facteur important. Il peut varier en fonction :

- de la durée de cotisation (nombre de trimestre à valider)

- de l'âge de départ à la retraite

- de l'âge d'entrée dans la vie active

- du niveau de chômage

 

Ce dernier point est très important, mais est trop souvent négligé. Et pourtant, il est évident qu'un chômage élevé, outre l'aspect humain primordial, entraine des déséquilibres financier (moins de cotisation, plus de dépenses sociales, moins de consommation, donc moins de TVA, de chiffre d'affaire pour les entreprises etc.)

 

Ceux qui se focalisent uniquement sur la durée de cotisation et sur l'âge de la retraite ont tout faux. L'équilibre des retraites est indissociable du niveau du chômage.

 

A quoi cela servirait de repousser l'âge de la retraite et/ou augmenter à nouveau la durée de cotisation (comme cela a déjà été fait en 1993 et en 2002), si le grave problème du chômage n'est pas résolu ?

 

Chercher à résoudre les problèmes de la retraite de cette façon risque fort d'aggraver le problème du chômage et, outre tous les autres aspects négatifs, aggraverait au final l'équilibre des retraites !...

 

Par ailleurs, si l'on analyse le poids relatifs des retraites par rapport au PIB, la situation est bien moins dramatique qu'on veut bien nous faire croire et cela ouvre de nombreuses perspectives. Par exemple, l'utilisation des gains de productivité pour financer les retraites plutôt qu'alimenter la spéculation me parait être une piste sérieuse. Bien entendu, le financement sur une base plus large que les cotisations salariales doit également être exploré (autres impôts et taxes).

 

Faire des économies sur des choses non essentielles, voire inutiles et même néfastes serait également une très bonne chose pour trouver du financement (vaste sujet…)

 

Bien entendu, la politique familiale, de même que la politique d’immigration peuvent avoir une influence sur les retraites (deux bons sujets de débats…)

 

Autre point à prendre en compte : les niveaux de salaires. Des salaires plus élevés permettraient :

- de cotiser plus sur le régime par répartition (même sans changer le taux de cotisation car, comme la base serait plus élevée, cela apporterait mécaniquement plus de financement),

- d'investir plus en complément de retraite par capitalisation (en plus cela apporterait plus de capitaux pour les entreprises, plus de logements à louer etc.)

- de consommer plus (donc plus de TVA et de Chiffre d'affaire pour les entreprises) etc.

 

L'on me rétorquera que des salaires plus élevés diminueraient la compétitivité. Je répondrai que ce devrait être une politique européenne, coordonnée avec les Etats-Unis, couplée avec une régulation de la mondialisation. Ce serait un changement de cap de l'Europe et un choix de société :

- Soit nous continuons comme maintenant avec une compétition* mondiale entre êtres humains menant automatiquement en Europe à une pression accrue sur les salariés (travailler plus et gagner moins), à une hausse du chômage, à une dégradation sociale, à un report de l'âge de retraite, à une baisse des retraites, à des déficits incessants et à des crises à répétition.

- Soit on accepte de réguler la mondialisation, ce qui veut dire non seulement de réguler la finance mondiale, mais aussi de réguler la compétition* entre être humains. C'est la véritable voie pour régler la majorité des problèmes sociaux économiques.

 

* Précisons au passage qu'il s'agit d'une compétition faussée du fait des écarts :

- de salaires,

- de règles sociales

- de règles écologiques

- de taux de change,

- etc.

 

Jean-Marc, le 17 mars 2010

Par Jean-Marc
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 22:09

Quelles solutions possibles au casse-tête des retraites ?

Par Jean-Pierre VEROLLET

A) Les 3 périodes de la Vie.

 Avant de chercher des solutions à ce casse-tête, il est nécessaire de prendre du recul en décrivant le cycle de vie individuel et les transferts collectifs de richesses entre générations.

 La vie économique et sociale d'un "individu moyen" dans un pays occidental peut se décomposer schématiquement en 3 périodes:

- La "Jeunesse" où on nous apprend à vivre, où nous nous formons, éduquons, instruisons, cultivons aux frais de notre famille et de l'Etat par ses services par exemple d'Education, de Santé ou des aides financières. C'est une période passive où nous recevons de notre famille et de la Société.

- L"Age Adulte" où nous exerçons un emploi, nous fondons un foyer, élevons nos enfants, amassons un pécule et souvent des biens immobiliers, aidons nos parents, éventuellement héritons d'eux, participons à des associations,... et jouissons un peu? beaucoup? de la vie. C'est une période active où nous donnonsbeaucoup à notre famille et à la Société.

- Vient la "Retraite" où nous recevons une retraite financière issue des cotisations obligatoires liées à nos emplois et jouissons assez souvent de l'usage des biens et des revenus financiers que nous avons accumulés de notre initiative. Nous pouvons aider nos enfants ou des associations en temps et en argent. Nous nous soignons plus qu'auparavant. Il arrive aussi que nous héritions de nos parents. Cette période de liberté en temps et relativement  en argent (§B2d) est une période passive car nous recevons de l'argent que nous utilisons pour nos besoins personnels ou distribuons même parfois à nos enfants. Elle inclut une fin de vie où nous risquons de devenir de plus en plus dépendants de notre famille, des services à la personne et de l'assistance médicale à domicile ou bien en maison de retraite, clinique, hôpital....

 

Tout se passe comme si notre période d'activité d'Adulte servait à supporter, à financer les périodes passives de Jeunesse et de Retraite des autres générations. Nous sommes aujourd'hui individuellement et collectivement au coeur d'un énorme système de transfert de richesses entre générations qui autrefois se limitait aux échanges à l'intérieur de la famille.

 

B) Bref  historique ici et là-bas.

 

Dans nos pays occidentaux aujourd'hui riches, il n'en a pas toujours été ainsi, malheureusement.

Jusqu'à ce que la durée de vie moyenne dépasse la fin d'activité productrice (milieu du XXème siècle), la 3ème période de retraite n'existait pas ou peu. Qu'on se souvienne chez les puissants de la durée des régences ou des successions vers le petit-fils pour mesurer la brièveté et les aléas de la vie d'alors! Le système de retraite se réduisait à assurer la continuité de sa famille: on essayait d'accumuler quelques biens, on avait beaucoup d'enfants en espérant que l'ensemble assurerait une courte retraite aux parents... s'ils ne mourraient pas en couche ou au travail. Un maigre et ultime filet de sécurité était assuré par la charité publique et les institutions religieuses.

Avec la croissance de la richesse individuelle et collective, des institutions mutualistes ont pu voir le jour, destinées d'abord à pallier les aléas de la vie active: accidents du travail ou de santé.

Les Etats ont commencé à s'impliquer au début du XIX ème siècle. En 1883 en Allemagne, Bismarck a créé le premier système obligatoire de retraite financé par la capitalisation de cotisations ouvrières et patronales pour une retraite à 70 ans, alors que la durée de vie était bien inférieure à 60 ans.

Progressivement, les Etats sont intervenus pour inciter les actifs à se constituer un capital  ou à cotiser à des caisses de retraites de façon volontaire (niches fiscales) ou même obligatoire. Ceci ne connaîtra  en France une réelle extension qu'après la dernière guerre.

Dans les pays en développement, le progrès a été moins rapide sauf exceptions. Beaucoup d'entre eux n'ont encore aujourd'hui aucun système de retraite encouragé ou soutenu par l'Etat. Même leurs systèmes d'Education sont souvent bien peu développés. De ce fait, tout continue à reposer sur l'individu et sa famille, en général nombreuse. Le système du cocotier n'est pas si loin!

La durée de vie étant plus courte et l'accompagnement financier faible, le problème de la retraite ne se pose pas là dans les mêmes termes que chez nous. Trop peu de richesses sont produites localement pour amorcer un fort transfert entre générations. La 3ème période est brève mais tend à s'allonger ce qui posera à ces pays un problème supplémentaire.

 

C)  Etat des systèmes de retraite en France en 2008.

 

Comme souvent ailleurs, la retraite s'appuie sur trois systèmes assez différents dans leurs modalités.

 

a) Le système général par Répartition à prestations incertaines et à cotisations obligatoires.

Il a été défini à la Libération.

Schématiquement, tous les employeurs de son périmètre (celui dit du Privé) donnent en continu  une partie du salaire brut de leurs employés, les "actifs" (part patronale et part individuelle confondues = 14,95 % plafonnés + 1,7% non plaf) à la CNAV (Caisse Nationale d'Assurance Vieillesse), et un complément aux Caisses des Régimes Complémentaires, toutes institutions cogérées par  les Syndicats, le Patronat et l'Etat. En retour, elles distribuent la collecte de l'année sous forme de retraite aux ex-cotisants retraités. Pour la CNAV, elle dépend du nombre de trimestres accumulés (taux plein pour né en 1950 = 162 trim) et de la moyenne des rémunérations des 25 meilleures années et pour les Régimes Complémentaires du nombre de points accumulés chaque année.

Il est clair que l'égalité cotisations encaissées / retraites versées est difficile à réaliser:

- à l'année: il peut y avoir des variations de l'activité économique qui impactent momentanément les cotisations en plus (boom) ou en moins (crise, chômage). Ceci n'est pas significatif sur longue durée.

- dans la longue durée: le rapport nombre de cotisants par retraité illustre la difficulté structurelle de ce type de système à s'équilibrer. A sa création en 1946, l'espérance de vie des hommes était de 59,9 ans et l'âge de la retraite fixé à 65 ans de façon bismarckienne. En 1960 le rapport cotisant/retraité était de 4,14 pour une esp-vie de 67, en 1980 de 2,68 pour une esp-vie de 70,2, en 2008 de 1,45 avec une esp-vie de 77,6. Si rien ne changeait coté système de retraite, les démographes sont sûrs qu'il continuera de baisser du fait de l'amélioration des conditions de vie. La cause de cette évolution, liée à la société de consommation est l'allongement "inattendu et non revendiqué" de la durée de vie qui a augmenté de 27,7 ans en 62 ans (+30 %) et de l'oubli d'ajustement pour ne pas dire plus des paramètres d'âge et durée de cotisation jusqu'à une période récente.

La retraite par répartition n'est en fait que la généralisation du système familial: plus j'ai de fils ou de cotisants pour assurer ma retraite, meilleure elle sera pour moi et moins pénalisante pour eux. Et si je n'ai qu'un fils, ni sa situation, ni la mienne ne seront très enviables et nécessiteront donc des compromis familiaux difficiles!

Depuis quelques années, ce régime est devenu déficitaire. En 2008, il a encaissé 90,7 Milliards d’€ pour une distribution de 96,3 Md€ à 12,2 millions de retraités soit un déficit de 5,6 Md€. Ce déficit va s'accroître chaque année en particulier du fait de l'augmentation du nombre de retraités (+ 300.000 en 2008 ). Le paiement des retraites par répartition exige dorénavant des emprunts et déclenche donc des charges d'emprunts croissantes, à la façon du budget de l'Etat.

 

On comprend qu'il soit temps de modifier les paramètres de ce système de façon à augmenter significativement le rapport cotisant / retraité pour ne pas écrouler nos enfants sous des cotisations trop élevées et même de chercher des moyens de financement complémentaires, par exemple un élargissement de l'assiette et le recours complémentaire à l'impôt.

Toutes proportions gardées et justifications morales bien considérées, ce système est un genre de pyramide de Ponzi dont nos Gouvernements, Syndicats et Patronats (et beaucoup d'entre nous !) seraient les Madoff! La supercherie était connue dès les années 70 car elle relève de la Démographie, science du long terme s'il en est. Néanmoins la réaction en France a été lente: abaissement de 65 à 60 ans en 1981 - allongement des durées de cotisations dans certains pays dès 1990- Livre blanc de Mr Rocard confirmant le déséquilibre inéluctable en 1991 - ajustement Balladur des durées de cotisation et droits à retraite du Privé en 1993 -  baisse importante des prestations dans certaines petites caisses de retraite par répartition - ajustement et début de moralisation  Fillon en 2003 -.....

Les paramètres internes du système sont l'âge de la retraite, la durée de cotisation, le niveau de cotisation (salarié + employeur confondus) et le niveau de retraite. On peut aussi envisager un complément de financement externe par l'impôt.

Il faut noter que la cotisation assise sur les salaires est de fait une taxe sur l'emploi qui nuit à la compétitivité de la France par rapport aux pays moins taxés sur ce plan, qu'ils soient nos concurrents européens ou les pays à bas salaires. L'augmenter serait délocaliser sournoisement ... et  volontairement!

 

b) Le système à prestations définies et à financement par l'Etat (l'impôt),  par transfert du régime général et par répartition.

A la Libération, les Fonctionnaires et des Services Publics ont refusé le système général par Répartition pour disposer de régimes spécifiques plus avantageux supportés par leurs Entreprises ou directement par  l'Etat.

Aujourd'hui et souvent depuis de longues années, leurs systèmes sont en déficit importants (sauf rares exceptions) mais leurs avantages initiaux ont néanmoins été maintenus. Certains retraités connaissent même une retraite plus longue que leur durée de travail.

Le trou est comblé par des prélèvements dans nos Impôts et même dans les caisses du Privé déjà en déficit structurel! Ce système n'a donc que les apparences de la Répartition: c'est un système par prélèvement sur la Collectivité dans son ensemble pour alimenter généreusement une minorité, au contraire du système par Répartition du Privé qui internalise cotisations et retraites.

Ceci serait marginal si ces régimes ne concernaient pas environ 1/5  de la population et s'ils n'étaient pas privilégiés parfois de façon importante au niveau de la durée et du montant des cotisations d'une part, et du niveau plus élevé de retraite d'autre part. Des aménagements ont été apportés en 2003/7 mais bien loin de supprimer les inégalités entre nos 2 systèmes principaux.

 

Les paramètres internes du système sont néanmoins analogues à ceux de la répartition : l'âge de la retraite, la durée de cotisation, le niveau de cotisation (salarié + Entreprises ou Etat confondus) et le niveau de retraite. Le déficit important de ce type de régimes est actuellement financé en dernier ressort par l'Impôt et par transfert de cotisations du régime général par répartition, deux prélèvements eux-mêmes déjà très importants en France.

 

c) Les systèmes ou compléments de retraites par capitalisation:

 

L'épargne pour ses vieux jours est un système multiforme à l'initiative et à l'intuition de chacun selon ses possibilités d'épargne et sa volonté d'instruire les solutions possibles assez variées.

Ce complément de retraite prend la forme principalement de loyers non à payer (= posséder sa résidence principale est le meilleur placement pour sa retraite!) et de diverses formes de placements financiers (PEE, Assurance-Vie, PEA, PERCO, ...) ou immobiliers (résidence secondaire, immobilier locatif, terrains,...). Il concerne peu les cigales et les plus démunis.

La France n'a pas de système obligatoire de retraite par capitalisation. L'Etat a depuis 1967 encouragé par des niches fiscales la capitalisation chez les Fonctionnaires (Préfon Retraite) et depuis peu pour tout le monde, les artisans et professions libérales en particulier.

D'une certaine façon, le revenu annuel tiré de la capitalisation est fourni en partie par les actifs de son pays comme pour la répartition. Ce système n'en est donc pas si différent qu'on ne le pense. Ses paramètres de réglages et ses risques sont néanmoins différents. Il a par exemple l'avantage d'encourager fortement l'activité économique  locale par la source d'investissements complémentaires qu'il constitue et de pouvoir répartir ses risques sur toute la Planète et pas seulement sur  la France, petite, figée dans sa complexité et vieillissante!

 

d) Comment vivent les retraités?

 

Schématiquement leur niveau de vie dépend de leur retraite mais aussi de leur patrimoine accumulé qui est  générateur de non-dépenses (pas de loyer si on possède sa résidence principale) ou de revenus financiers complémentaires.

Les statistiques de l'INSEE montrent pour 2007:

Pour le niveau de vie, de bas (10.000 € au 1er décile) en haut (35.000 €) dans chaque classe de revenus et compte tenu des transferts sociaux, il est curieusement équivalent entre un ménage de retraité et un ménage d'actifs, sachant que ceux-ci ont le plus souvent des enfants à charge.

Pour le patrimoine, la classe 30/50 ans dispose d'un patrimoine moyen de 190.000 € bien inférieur aux 300.000 € de la classe 60/70.

En conclusion, les statistiques confirment que les retraités dans leur ensemble ont des conditions de vie meilleures que les actifs. L'existence de cas particuliers de retraités en nombre de plus en plus limité aux conditions de vie difficiles est bien sûr à prendre en compte au titre de la Solidarité nationale, mais ne doit pas servir de paravent pour dissimuler cette situation visiblement favorable.

Elle pourra être partiellement modifiée par le coût de la dépendance en fin de vie.

 

e) Conclusion

 

Nous constatons qu'avec leurs réglages actuels les systèmes par répartition sont structurellement endéficit et intenables à  terme d'où la problématique de ce café-débat, et ce d'autant plus que sous le chapeau général de la retraite par Répartition, se cache le régime de la Fonction Publique qui n'en est pas vraiment un et bénéficie de plus de privilèges notables voir déstabilisants.

 

Nous notons aussi positivement que la tranche d'age des retraités est de loin la mieux dotée en capital, ceci bien sur en moyenne et avec beaucoup de dispersion dont il faut évidemment tenir compte.

 

Enfin, pour être complet sur le tableau des transferts d'argent vers les personnes âgées, il faut noter positivement que la durée de la période dite de fin de vie ne s'allonge pas (les gens restent de plus en plus longtemps en relative bonne santé) mais que par contre, elle devient de plus en plus coûteuse du fait du transfert sur la Collectivité d'une partie du rôle d'assistance des familles et de l'amélioration continue des traitements médicaux plus efficaces mais plus coûteux aussi, par exemple pour le cancer. De ce fait l'Etat envisage une "cinquième caisse" pour couvrir ces dépenses, caisse qu'il faudra bien financer aussi, la banalisation du lundi de Pentecôte étant un premier pas dans ce sens.

 

C ) Comment attaquer maintenant le problème de la mise à jour et

du « réglage » des systèmes de retraites en France ?

 

Pour dépassionner ce débat où chacun défend naturellement ses intérêts personnels ou corporatifs en s'abritant derrière sa vision très intéressée, égoïste de la "Morale" ou de la "Justice sociale", je propose une démarche transparente en 3 phases successives pour rechercher le meilleur compromis final.

 Nous pouvons contester l’état des lieux précédents qui, je l’espère, répond en partie au moins à votre curiosité et affûter nos avis et propositions sur les §1 & 2 pour le 20 mars !

 

§ 1) Définition par les "Politiques" au sens large des objectifs généraux:

Une mise à jour durable de ce système concernant tous les Français ne peut que viser qu'à l'Equité (aussi la Justice, l'Egalité, ...) et à la Solidarité (la Fraternité, la Charité, ...) entre personnes et générations pour assurer plus de "Justice sociale" à la Française, même s'il faut perdre une peu de Liberté pour cela !

 

Transparence absolue: Le système étant complexe, associant grandes idées généreuses et petits ou grands privilèges individuels ou collectifs cachés, il est nécessaire de parler vrai, chiffres sur table. Ils ne manquent pas. Toute non transparence est une exploitation à son profit de la Solidarité nationale, en jouant sur la crédulité générale face à un problème compliqué et dérangeant.

 

Equité: elle peut s'illustrer par des principes éventuellement contradictoires parmi lesquels il faut choisirclairement avant d'agir:

- encourager la responsabilité individuelle ou rester dans l'assistanat passif ?

- veut-on aller rapidement vers un système de base unique et simple ou continuer dans la confusion et l'inéquité actuelle?

- quels critères d'équité : à salaire annuel égal, retraite égale ? à contribution totale égale, retraite égale ? prise en compte de la pénibilité vraie de la carrière (égalité des espérances de durée de retraites)? faire contribuer tout le monde  et pas seulement les actifs, ce qui en plus réduit la taxe sur l'emploi de ces mêmes actifs? ......

On comprend  qu'un système par points à la façon des régimes complémentaires actuels pour simplifier les calculs aujourd’hui complexes et éventuellement avec une part de capitalisation aillent dans ce sens.

 

Solidarité: de même, ne doit-on pas instituer un minima, un plancher suffisant fonction des biens des personnes ? compenser mieux les aléas de la vie (période de chômage, accidents,...) ?ne doit-on pas faire plus contribuer tout le monde ( TVA sociale sur la consommation avec effet positif sur l'emploi?) et pas seulement les actifs? en augmentant les impôts sur le revenu dont les retraites? en compensant ou en limitant les transferts générationnels vers les plus âgés souvent plus nantis (faciliter l'anticipation de l'héritage ?...) ? en questionnant le cumul emploi-retraite ?.

On comprend que le système par Répartition en soit le symbole, mais son apparence généreuse, solidaire ne doit pas faire oublier ni qu'il est déresponsabilisant, ni qu'il peut organiser sournoisement un transfert générationnel  excessif des actifs vers les retraités (en tout cas à ne pas augmenter de mon point de vue).

 

On pourrait penser qu’un système de base commun à tous les Français serait un bon symbole d’une réelle volonté d’Equité et de Solidarité.

 

Progressivité du changement: qui dit changement dit progressivité de l'application pour l’ensemble des partenaires. Une durée maximale est à proposer, par exemple 5 ans ?

 

Durabilité du système: Compte tenu de la complexité actuelle du système et de son financement, il parait nécessaire

- d'utiliser toutes les solutions possibles pour diminuer les risques. Une part de capitalisation doit donc être envisagée.

- d'en contrôler l'équilibre au fil du temps en prévoyant les paramètres à mesurer et  les points de  rencontre à échéances régulières pour éviter le laisser-aller démagogique qu'on paie aujourd'hui.

 

Aux Politiques de définir cet ensemble d'objectifs avant la phase de calculs socio-économiques !

 

§ 2) Dans ce cadre, propositions  par "les Responsables Sociaux"de différents scenarii de retour à un équilibre durable en jouant sur les paramètres socio-économiques de réglages.

 

Ces longs préliminaires permettent d'aborder la phase de "documentation de solutions " avec plus de sérénité en dépit de la complexité rappelée du problème.

 

a) Le système par répartition: toutes les pyramides de Ponzi ne sont pas destinées à s'écrouler si on en assure l'équilibre démographique et économique! Ce système qui a la faveur des Français doit donc être conforté pour pallier ses risques de défaillance et continuer à être la base partagée de nos retraites.

Pour moi, je pense qu'on devrait aller vers un seul système de base simple pour tous les Français.

Ses principaux paramètres de réglage, débattus largement, publiquement et mais trop souvent idéologiquement seulement, sont au nombre de 4.

- L'âge légal de la retraite (60 ans en 2010)  à partir duquel on peut demander à partir à la retraite avec les conditions standards du régime général ajustées d'autres facteurs "secondaires" (durée de cotisation, pénibilité, sexe, carrière, métier, statut,...). Cet âge est souvent plus élevé et en augmentation dans les pays voisins. Il diffère quelques fois entre femmes et hommes en sens inverse de leur durée de vie.

- La durée de cotisation, paramètre qui complète ou conditionne le précédent pour en particulier fixer le niveau de retraite. Des compensations sont prévues pour les périodes militaires, de maternité, de chômage, pour la pénibilité, pour égaliser les durées de vie à la retraite.... Ce paramètre n'est-il pas plus important que le précédent ?

- Les assiettes et le niveau des cotisation sur salaire des actifs: le fait de n'avoir qu'une seule assiette actuellement, un prélèvement sur les salaires, rend le système sensible à la conjoncture à court terme (taux de chômage) et surtout est un handicap pour l'industrie française, un facteur de délocalisation et n'est donc pas spécialement équitable ni durable. Au plus, pour un complément marginal, peut-on penser à taxer la part salariale qui n'est pas dans l'assiette aujourd'hui?

Un impôt sur la société de consommation dont tout le monde profite (TVA dite sociale) ou une augmentation de l'ISR sont les plus envisageables pour compléter l'assiette sur salaire.

En tout cas, il ne parait pas souhaitable d'augmenter l'assiette salariale, sachant que la distinction part salariale, part patronale n'a aucun sens économique.

- Le montant des retraites par répartition et leur indexation: il est clair qu'entre retraités, il y a de grandes différences de niveaux de retraites et encore plus de revenus comme le montre le fait que la tranche des retraités soit globalement et de loin la plus riche en capital.

D'un côté, est-il juste de prélever sur les actifs une part importante de leurs revenus pour le faire transiter par des gens âgés "plus à l'aise qu'eux" en moyenne et qui parfois leur en redistribue d'ailleurs une partie?

D'un autre côté, les retraités voyant arriver les surcoûts de la dépendance peuvent craindre pour l'équilibre économique de leurs toutes dernières années ?

Il me parait nécessaire au moins de définir un minimum pour les plus défavorisés et d'éviter que la période de retraite soit une période d'enrichissement personnel ou générationnel au détriment des actifs.

- La progressivité du changement: Autant il est clair qu'une application immédiate n'est pas possible, autant il est clair qu'il n'est pas équitable, ni juste de maintenir trop longtemps des situations qui sont des privilèges vis à vis des contemporains ou des générations futures : nos enfants et petits enfants.

 

b) Le complément de retraite par capitalisation:

La complexité du réglage du système par Répartition, ses risques structurels, son assiette pénalisante exclusivement franco-française, sa déresponsabilisation relative car ses prélèvements ne sont pas visibles, laisse de la place à un complément de retraite par capitalisation, à l'initiative de chacun et avec des encouragements fiscaux adéquats en particulier pour orienter les placements.

Le rôle de l'Etat peut être de valider la solidité des placements proposés et de conseiller leur usage sachant que la capitalisation  change la nature  des risques et avantages associés: répartition sur toute  la Planète et non pas seulement sur la France, sur une variété importante d'actifs (biens immobiliers, actifs financiers, terrains, ...) ayant des comportements différents, ....

Sur longue durée, les placements financiers, en particuliers les actions, sont réputés dépasser l'inflation, ce que la retraite par Répartition peinera à faire. Par contre, ils souffrent d'aléas instantanés importants et imprévisibles. Une solution mariant les 2 est un bon compromis, sachant qu'il existe même un pays misant  principalement sur la capitalisation: le Chili.

 

§ 3) Enfin, choix par "les Politiques" du Meilleur Compromis Durable !

 

Bon courage à eux

en espérant que les parties prenantes arriveront, en toute transparence,

à la hauteur de vue nécessaire pour ne pas obérer l'Avenir de nos Enfants !

 

°°°°°°°°°°°°°°°°°°°

Post scriptum (comme il reste de la place!)

 

Conclusion personnelle en faveur d'une responsabilisation individuelle !

 

Je suis bien incapable de proposer une solution équilibrée dans la durée pour le système par Répartition.

Je n'ai aucune prétention à définir ce qui est "juste", mais seulement à décrire succinctement les systèmes et à fournir des données objectives vérifiables issues de sources de qualité (CNAV-INSEE -INED-.... ).

Par contre, je sais que la condition première et quasiment unique pour que ce type de débat structurant pour l'avenir d'une Société, d'un Pays ait une chance de trouver une issue acceptable par tous est la Transparence absolue des données sur les situations, les contributions et les revenus tirés des systèmes de retraite actuels des uns et des autres d'une part, les hypothèses convenues aujourd’hui pour le réglage et la périodicité de la révision des réglages d'autre part.

 

Comme chacun, j'ai des idées personnelles qui ont pu transparaître à un moment ou un autre.

J'espère que nos Gouvernants, Partis Politiques, Syndicats (Employés et Patrons) et Associations joueront sur tous les paramètres sauf l'augmentation du taux de cotisation des actifs pour bâtir un système plus pérenne et plus juste. Si l'occasion n'avait pas été gâchée, une solution aurait pu être de diminuer la durée annuelle du travail et d'augmenter simultanément la durée de la vie active. Ceci illustre la hauteur de vue aujourd'hui nécessaire.

Enfin je dirais que la retraite se  prépare pendant toute sa vie active.

D'abord au niveau familial par l'éducation des enfants à qui il faut "apprendre la Société" pour qu'ils y contribuent de leur mieux et en bénéficient bien en retour, et assurent nos retraites à leur tour !

Ensuite par un équilibre entre dépenses immédiates, bonne utilisation du crédit et constitution d'une épargne familiale pour la retraite: achat de la résidence principale et placements astucieux, en parallèle à l'investissement dans sa santé (prévention, façon de vivre,...) et bien sûr en prenant le temps de vivre !

La retraite arrivant sera un prolongement plus qu'un changement d'une vie active et responsable, en attendant le 4ème age !

Jean-Pierre VEROLLET

Par Jean-Pierre
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 01:24

Nos enfants vont-ils rembourser la dette ?

Par JPK


Pour 2009, la dette publique française devrait s’élever à environ 1450 milliards d’euros soit environ 74% du P.I.B. Le gouvernement tablait initialement, dans son budget, sur une dette à 66 % en 2009. Et la tendance devrait se poursuivre : en 2010-2011, la dette devrait culminer à 77 à 78 % du PIB. Selon les critères du Pacte de stabilité et de croissance européen, celle-ci est censée être ramenée à moins de 60 % du PIB. On en est loin.

Le déficit public (État, Sécurité sociale et collectivités locales) devrait suivre le même mouvement. En 2009, le gouvernement s'attendait à un trou de 5,6 % du PIB et 5,2 % en 2010 en raison de l'impact de la crise. Il devrait ensuite se réduire à 4,0 % en 2011 pour revenir en 2012 à 2,9 %, en dessous de la limite de 3 % autorisée par Bruxelles. Le budget 2009 prévoyait initialement un déficit de 52 milliards d'euros pour l'État. Il devrait atteindre en fait le chiffre record de 103,8 milliards pour intégrer les dépenses liées au plan de relance (2,65 milliards d'euros pour les mesures d'accompagnement social, 6,9 milliards d'aide à l'industrie automobile) et 7,5 milliards liés à la baisse des recettes, notamment des recettes fiscales (- 6,5 milliards) en raison du ralentissement de l'activité économique.

Pour 2010 la charge de la dette est estimée à 42,5 milliards d’euros, c’est le deuxième poste de dépense de l’Etat, derrière l’éducation nationale. Très concrètement, cela veut dire que plus des deux tiers du produit de l’impôt sur le revenu sont uniquement consacrés à payer les intérêts de la dette. Et encore, nous bénéficions actuellement de taux d’intérêt extrêmement bas. La moindre remontée alourdirait considérablement la facture. Avec de tels niveaux, la dette n’est plus seulement une question technique ou économique, elle devient une question de société qui préoccupe de plus en plus les Français

La situation n’est pas meilleure dans les autres pays de l’OCDE Un seuil symbolique sera bientôt atteint. Selon l’OCDE, les 30 pays les plus avancés du globe verront leur dette grimper jusqu’à 100% de leur richesse produite en 2010, signalant le quasi-doublement de leur endettement en vingt ans. Celle du Japon flirtera avec les 200% de son PIB, suivie par celles de l’Italie (127,3%) et de la Grèce (111,8%).

La dette publique mondiale aura gonflé de près de 45% entre 2007 et 2010, soit une augmentation de 15.300 milliards de dollars, et devrait atteindre en 2010, 49.300 milliards de dollars en raison de la crise. Près de 80% de cette hausse sera supportée par les sept pays les plus avancés du globe (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Royaume-Uni, Italie et Canada) qui ont été les plus durement touchés par la crise.

Le champion de la dette publique est le Japon avec une dette publique proche des 200% du PIB.

Le moment se rapproche où l’Etat japonais ne sera plus en mesure de financer son déficit grâce à l’épargne domestique. Si cette incapacité n’est pas anticipée et prévenue, le Japon risquera d’aller soit vers le défaut, une hypothèse peu probable, soit vers l’hyperinflation, conséquence inéluctable de la monétisation de la dette qui serait alors nécessaire. L’équilibre actuel repose sur le fait que l’épargne domestique est suffisante pour couvrir la totalité des besoins d’emprunt de l’Etat, et que les investisseurs japonais acceptent de placer à long terme pratiquement sans rémunération. La dette est détenue à 93,6% par les investisseurs locaux. Mais, contrairement à une idée reçue, le taux d’épargne des ménages n’est plus élevé aujourd’hui. Pire, il diminue régulièrement du fait du vieillissement de la population. Autour de 20% en 1980, il devrait avoisiner 0% dès 2014.

A un horizon de cinq ans, le Trésor japonais ne trouvera plus suffisamment d’investisseurs. La banque centrale sera alors amenée à monétiser la dette publique dans des proportions de plus en plus importantes, provoquant une baisse du yen susceptible de susciter l’intérêt des investisseurs étrangers. Mais ceux-ci n’investiront pas sans une hausse des taux obligataires. Actuellement, grâce aux taux très bas, le service de la dette ne représente que 2,6% du PIB (un ratio inférieur à celui des USA ou de la zone euro). Mais si les taux venaient à monter de 2% pendant une période de dix ans, la totalité des recettes fiscales seraient absorbées par le service de la dette. On voit là que la perspective de long terme va être très difficile à gérer. La faiblesse de la démographie et l’absence d’immigration constituent un facteur aggravant. Le Japon est dès aujourd’hui dans une spirale de la dette dont la sortie va être dans tous les cas difficile : baisse de la devise, hausse des taux et inflation nettement plus élevée seront au rendez-vous. Le Japon doit comprendre que bien que son économie soit très compétitive, ce que traduit la force du yen, elle est entrée dans un processus d’implosion lente.

Parlons maintenant de la première puissance mondiale les Etats-Unis. Alors que nous serions sortis de la crise, le bilan de la FED a atteint pour la première fois 2,25 trillions $ soit 2 200 milliards de dollars. Au même moment la dette publique de l'état fédéral américain culminait pour la première foi au dessus du seuil symbolique des 12 trillions de dollars.

Or il ne s'agit que de la dette publique du seul état fédéral. Si vous vouliez comparer l'endettement américain à celui de la France ou de tout autre état de l'Union Européenne, il faudrait y ajouter les dettes des états et des collectivités locales, celles des systèmes de santé et de retraite, celles des entreprises dans lesquelles l'état a une participation majoritaire. Au final la dette américaine se situe aujourd'hui autour de 130% de son PIB, alors que celle des pays de l'Union Européenne n'est que de 76% du PIB. Mais rassurez-vous: elle suit le même chemin, inévitablement ! Lorsque la crise immobilière s'est déclenchée, les obligations détenues par les banques et les assureurs se sont considérablement, voire entièrement, dévaluées fragilisant les bilans des banques. Tout le monde se regardait en chien de faïence, ne sachant qui détient la patate chaude. L'absence de transactions rend alors impossible la valorisation de ces papiers.

Le mauvais choix est aussitôt fait par la FED. Pour éviter que ces banques viennent pointer à la FDIC et surtout pour éviter que d'influents détenteurs d'obligations soient lessivés, le Système de la Réserve Fédérale décide d'acheter ces papiers. La FED a donc récupéré les obligations des célèbres agences Fannie Mae et Freddie Mac, ensuite les titres adossés à des biens immobiliers (ABS) L'échange représente à ce jour au total 1000 milliards de dollars. La colonne actif du bilan de la FED s'est donc enrichi de 1000 milliards de dollars et les banques restent présentables.

Mais que font les banques d'une telle manne ? Vous auriez certainement cru que cet argent serait au service des entreprises et des ménages pour maintenir la vigueur de l'économie. Et bien non ! Ce n'était pas la bonne réponse !

L'argent est retourné dans les banques centrales du Système de la Réserve Fédérale. Tant est si bien que l'excédent de réserves (au delà des réserves obligatoires, qui ne pèsent que 50 à 60 milliards de dollars) est aujourd'hui à un niveau jamais atteint : 1000 milliards de dollars.

L’autre pratique américaine qui s’est considérablement développée en 2009 est  la monétisation de la dette.

Le 30 juillet 2010, le gouvernement américain se vantait d’avoir vendu 28 milliards d’obligations à 7 ans. Un soit disant beau succès, salué par la grande presse et montrant que le marché s’arrache les obligations « les plus sûres » du monde. Oui, sauf lorsqu’on apprend qu’une semaine après, lors d’une opération spéciale, la Fed en rachetait discrètement la moitié, en créant au passage 14 milliards de USD tout frais. Est-ce que les acheteurs savaient à l’avance qu’ils pourraient en revendre une partie à la Fed? En 2009, 32% des montants achetés par les « primary dealers » sont revendus à la Fed dans les 10 jours!  Ne serait-il pas plus honnête pour Bernanke d’acheter directement ces obligations au gouvernement américain en indiquant clairement qu’il paye avec des dollars sortis fraîchement de ses planches à billet?

Le système bancaire s'est recroquevillé sur lui-même fort du soutien indéfectible du gouvernement américain et le bilan de la FED s'est enrichi de papier dont tout le monde se demande comment elle fera pour les restituer à leurs propriétaires initiaux et récupérer ainsi une partie des liquidités dont elle a inondé la planète.

Les partisans des politiques actuelles de fuite en avant massive dans le déficit public, censées relancer la demande ou limiter les conséquences de la crise nous donnent souvent l'argument suivant : La dette publique étant à taux fixe, il suffirait d'un coup de "baguette magique" inflationniste pour "effacer l'ardoise" et remettre les compteurs à zéro.

Par exemple, 10 ans d'inflation à 10% diminuent environ d'un facteur 2,5 le poids relatif d'une dette (en monnaie constante).

Cet argument est vrai dans un seul cas : Lorsque la dette est à taux fixe, et à échéance suffisamment longue pour que l'agent endetté ait le temps de bénéficier des effets de l'inflation.

Dans le cas qui nous intéresse, celui de l'état fédéral US, la réalité est beaucoup moins rose.

Nous constatons que la majorité de la dette publique US est une dette de court terme : 53% de cette dette devra être remboursée dans moins de 2 ans, 67% dans moins de 4 ans, 75% dans moins de 5 ans.

Cette structure oblige l'état à se refinancer en permanence, c'est à dire à souscrire de nouveaux emprunts pour rembourser les précédents (et financer en plus son déficit).

Vu cette structure de dette à large dominante court terme, l'état ne profiterait que très peu d'une reprise de l'inflation, parce qu'il serait obligé de refinancer en moins de 4 ans les 2/3 de sa dette, et que ce refinancement se ferait alors au prix fort (en cas de reprise inflationniste, les taux flambent). Cette proportion de la dette sensible aux taux est en fait encore plus élevée si on prend en compte les TIPs qui sont immédiatement impactés par une variation du taux d'inflation.

Si on prend comme référence un taux d'endettement net pour les USA de 100% du PIB (nous y serons en 3 ans environ au rythme de fuite en avant actuel), et un taux d'inflation de 10% (ce qu'il faudrait pour ramener la dette actuelle à des niveaux raisonnables en 10 ans), l'état se refinancerait alors à un taux de 12-14% environ...La seule charge de l'intérêt de la dette publique représenterait alors plus de 10% du PIB au bout  de 3 ans !

Plus grave encore, en cas de perte de confiance du marché, avec une structure de dette à aussi court terme, la situation deviendrait très vite incontrôlable pour l'état US

On estime que le gouvernement américain à lui seul va devoir trouver 4 500 milliards de dollars en obligations en 2010. Ce montant représente deux fois le capital total de la plus grosse Banque centrale du monde -- la Fed. Même si les Chinois prenaient tout ce qu'ils ont dans leurs réserves financières et s'en servaient pour acheter la dette américaine, il resterait encore près de 2 300 milliards d'obligations invendues.

En ce qui concerne le coût de la dette en lui-même, il va lui aussi atteindre des niveaux stupéfiants. L'administration Obama prévoit que les intérêts dépassent de 200 milliards de dollars leur niveau actuel, à 700 milliards de dollars d'ici 2019. C'est sûrement encore sous-estimé. Si le déficit atteint le niveau annoncé par l'ancien directeur du Bureau du Budget et de la Gestion, la dette nationale va grimper de 12 000 milliards de dollars à plus de 20 000 milliards de dollars en cinq ans. Les prêteurs vont certainement demander des rendements plus élevés. Même un banquier va sûrement vouloir plus que 3,5% d'intérêts pour prêter de l'argent au gouvernement sur dix ans. Peut-être 5%... peut-être 10%. Souvenez-vous que pendant les premières années de Volcker à la Fed, les taux d'intérêt sont montés à 18% pour les bons du Trésor à 10 ans.

 

Reste l’euro. Officiellement la Banque Centrale Européenne (BCE) est très prudente et ne monétise quasi rien. Elle n’aurait dépensé que 80 milliards d’euros pour acheter des obligations bancaires ce qui semble dérisoire face aux 1000 milliards de USD que la Fed a utilisé pour acquérir toutes sortes d’obligations contestables. Et pourtant les banques centrales européennes ont augmenté leur bilan de 1500 milliards de USD contre 1200 pour la Fed. Et comme le PIB américain est 12% supérieur au PIB européen, cela revient à dire qu'à PIB égal les presses de la BCE tournent 50% plus vite que celles de la Fed ! Car même si la BCE n’achète pas d’actifs douteux comme sa consœur américaine, elle prête énormément. Rien que fin juin 2009, elle battait le record des banques centrales en prêtant, d’un coup, à long terme, 442 milliards d’euros. Et que font les banques européennes avec l’argent de la BCE ? Elles ne prêtent quasi rien aux particuliers ou entreprises mais le prêtent volontiers à leurs gouvernements respectifs pour financer leurs déficits! Sans ce mécanisme, les gouvernements grecques, irlandais, autrichien, ...etc seraient dans d’énormes difficultés. Ainsi les banques échangent via la BCE des titres douteux contre des obligations des gouvernements européens. Ne s’agit-il pas d’une monétisation déguisée par l’intermédiaire des banques commerciales européennes?

D’autre part, il ne faut pas oublier que le coût de la dette ne porte pas seulement sur nos enfants et petits-enfants, mais que nous devons payer dès à présent les intérêts de cette dernière. C’est bien là que réside le problème essentiel des Etats surendettés. Car le principe de fonctionnement est malheureusement simple : si la charge de la dette (c’est-à-dire les intérêts payés chaque année par les Etats sur leur dette) est inférieure à la croissance économique du pays, la dette est financée sans difficulté, dans la mesure où elle produit plus de croissance qu’elle ne coûte. A l’inverse, si la croissance forte n’est pas au rendez-vous et a fortiori si les gains économiques ne compensent pas les coûts financiers de la dette publique, les Etats en question s’engagent dans une bulle de la dette, qui se traduit alors par une dégradation de la notation, puis une hausse des taux d’intérêt, donc moins de croissance et plus de charge de la dette… La bulle s’amplifie alors jusqu’à la mise en faillite et le moratoire de la dette. C’est notamment ce que l’on a pu observer en Argentine il y a moins de dix ans.

A cela, certains pourront encore objecter que le Japon, avec une dette publique qui représente 180 % de son PIB, n’a toujours pas été mis en défaut et ce malgré une croissance anémique depuis vingt ans. Cela pourrait alors laisser entendre qu’avec un ratio de 80 % en France, 84 % dans la zone euro, 105 % en Grèce et 120 % en Italie, nous avons encore de la marge… Il n’en est rien. En effet, il n’existe pas de barrière limite à partir de laquelle un Etat est en faillite. Tout cela dépend de l’équilibre (ou du déséquilibre) entre la croissance économique et la charge de la dette, mais aussi des origines du financement de cette dernière. Ainsi, le Japon a beau avoir été dégradé, les taux des obligations d’Etat sont restés bas. Non seulement parce qu’il reste en déflation, mais surtout parce que 98 % de sa dette publique est financée par sa propre épargne. Autrement dit, il n’a pas besoin du reste du monde pour financer son endettement explosif, mais « vit » sur l’épargne pléthorique héritée de sa puissance économique passée.

Bien différemment, la plupart des pays surendettés ont besoin de l’épargne internationale pour se financer. A titre d’exemple, 50 % de la dette publique française est souscrite par des étrangers. Dès lors, si la charge de la dette devient structurellement supérieure à la croissance économique, la bulle de la dette devient inévitable. Pour connaître les pays qui suivront l’Argentine, Dubaï ou encore l’Ukraine sur la liste des pays en cessation de paiement potentielle, il suffit donc d’observer ceux qui affichent les charges de la dette les plus élevées. En l’occurrence, la Grèce (avec un poids de la charge d’intérêts de 5,6 % du PIB en 2010), l’Italie (4,8 %), la Hongrie (4,5 %), la Belgique (4 %), l’Irlande (3,3 %) et la France (3,1 %). Quant à la zone euro, elle s’illustre également avec un niveau de 3,2 %. Des niveaux qu’il faut comparer à une croissance économique d’au mieux 1,3 % en volume et 2,5 % en valeur pour l’ensemble de ces pays en 2010. En d’autres termes, le modèle de relance basé sur l’endettement excessif des Etats, déjà particulièrement mis à mal en 2009, commence à devenir explosif à partir de 2010.

Face à cette débâcle annoncée et a priori inévitable, certains n’hésitent plus à préconiser le retour de l’hyperinflation qui aurait, selon eux, l’avantage d’augmenter la croissance en valeur et d’éponger par là même la charge de la dette publique. Si cet argument peut apparaître sans faille, il pêche néanmoins par deux voies principales. D’une part, l’inflation ne se décrète plus. Nous ne sommes plus dans les années 80. A l’époque, le protectionnisme, les droits de douanes prohibitifs, la faible concurrence, la domination de nombreux marchés par des monopoles ou des oligopoles et l’indexation des salaires aux prix « permettaient » de créer de l’inflation très facilement. Aujourd’hui, il n’en est rien : la forte concurrence internationale, la non-indexation des salaires aux prix, sans oublier la politique orthodoxe de la BCE et le niveau élevé du chômage empêcheront toute résurgence de l’inflation.

Vous demanderez peut-être : "trop, c'est combien ?" Selon les chiffres compilés et analysés par les professeurs Reinhart et Rogoff, c'est impossible à déterminer. Un pays peut supporter une dette publique de 200% de son PIB (le Japon nous vient en tête)... un autre s'effondre à 50% (pensez à l'Argentine).

Alors, à combien a-t-on trop de dette ? Tout dépend de ce pour quoi vous utilisez l'argent... combien d'actifs vous avez... si vos revenus sont en hausse ou en baisse... et un certain nombre d'autres questions. Mais même si les réponses ne sont pas simples, les questions devraient malgré tout être posées : si vous accumulez des dettes, comment allez-vous les rembourser ? Que se passera-t-il si vous ne les remboursez pas ?

Un professeur de l'université de Bâle, Peter Bernholz, pense avoir la réponse. Il a étudié les cas d'hyperinflation. Il pense qu'on a de l'hyperinflation chaque fois que le gouvernement dépense 166% ou plus de ce qu'il encaisse en revenus. Voilà qui devrait déclencher la sonnette d'alarme. Le budget américain est désormais à 170% environ des recettes fiscales.

Pour éviter des faillites massives des banques, les Etats ont alors dû intervenir en garantissant les dettes des banques, en garantissant ou en achetant leurs actifs risqués («toxiques») en les recapitalisant et même en les nationalisant (au Royaume-Uni, aux Pays-Bas...).

Au total, au terme de ce processus, une partie substantielle du risque lié à l'excès d'endettement des ménages est donc passée dans les mains des Etats. On peut même considérer que les déficits publics, donc les hausses des dettes publiques, qui ne correspondent pas directement au sauvetage des banques mais résultent du soutien de l'économie correspond à ce même processus de transfert des risques vers les Etats: les transferts de revenus aux ménages, qui viennent des dépenses publiques supplémentaires et des baisses d'impôts, permettent aux ménages de se désendetter et réduisent donc le risque de défaut des ménages au prix d'une hausse des dettes publiques.

De même que les Banques centrales jouent le rôle de prêteur en dernier ressort, les Etats jouent donc le rôle de porteur des risques et d'assureur en dernier ressort. Il est donc très important que la solvabilité des Etats reste toujours intacte, ce qui leur permet, en accroissant les dettes publiques, de réduire les risques de défaut liés à l'excès d'endettement du secteur privé.

Si les Etats ne sont plus solvables, plus personne ne peut re-solvabiliser les banques lorsque celles-ci sont en difficulté, ce qui impliquerait des défauts en chaîne, l'arrêt de la distribution du crédit... Plus personne ne peut lever de la dette, si la dette publique devient aussi suspecte que la dette privée et qu'il y a défiance des épargnants vis-à-vis des dettes privées.

Or, on a observé dans la période récente, comme dernier développement de la crise, les premiers signes de défiance vis-à-vis des dettes publiques, en particulier une forte hausse des taux d'intérêt payés par beaucoup d'Etats de la zone euro par rapport à ceux sur les titres publics allemands (150 à 300 points de base d'écart de taux pour la Grèce, l'Irlande, le Portugal, l'Espagne, l'Italie...). Le risque, lorsque ce type d'évolution se produit, est la démultiplication de la chute des prix des actifs par la perte de liquidité sur les marchés de ces actifs, ce qu'on a observé durant la crise pour de nombreux actifs financiers: actions, obligations d'entreprises, prêts interbancaires... Un doute apparaît sur la solvabilité d'un emprunteur, ceci conduit à une baisse du prix de sa dette qui fait disparaître les acheteurs. La liquidité sur le marché de cette dette disparaît, son prix s'effondre, et l'emprunteur, qui ne peut plus émettre, est en grande difficulté.

Si une telle évolution se produisait pour des dettes publiques de la zone euro, les pays concernés pourraient être en situation de cessation de paiements, et toute possibilité, pour eux, d'aider le secteur privé à rester solvable, disparaîtrait: il n'y aurait plus de porteur de risque, d'assureur en dernier ressort dans la zone euro. Même si certains pays ont des dettes publiques trop élevées (Grèce, Italie, Belgique), il est indispensable que leurs possibilités d'émission restent intactes, d'autant plus que leurs difficultés viendraient bien plus d'un problème d'illiquidité que d'un problème de perte réelle de solvabilité: les déficits publics de la zone euro ne sont pas gigantesques, la grande majorité des pays pourraient accroître la pression fiscale en cas de besoin.

JPK

Par JPK
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Jeudi 7 janvier 2010 4 07 /01 /Jan /2010 23:33
Philippe Séguin, l'un des rares véritable Gaulliste de l'époque actuelle, est mort. C'est pour la France une grande perte.
Par Jean-Marc
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Lundi 5 octobre 2009 1 05 /10 /Oct /2009 23:43

 

Voici le texte de Jean-Pierre Clève pour le café-débat de samedi 10 octobre 2009 :

 


Quand l’Europe sortira-t-elle de la crise ?


La crise financière et bancaire s’est révélée de manière spectaculaire, il y a un an. Depuis, de nombreuses actions ont été engagées, certaines avec succès, pour d’autres, les effets sont à venir. Peut-on dire que l’Europe va sortir progressivement de la crise ? Et quand ? Et de quelle crise, s’agit-il, n’y a-t-il pas plusieurs crises qui se juxtaposent : financière et bancaire, économique, matières premières, environnementales… ?

Ces questions seront abordées au Café-Débat de Saint Quentin en Yvelines, le samedi 10 octobre 2009 à 16 h 30, au Marina, 26 place Etienne Marcel à Montigny le Bretonneux.


1. Le rappel des faits

1.1. Les " subprimes " (prêt à risque)

Pour loger les plus pauvres, trouver le financement nécessaire à ces dépenses et par là-même gagner beaucoup d'argent, les systèmes bancaire et immobilier des Etats-Unis ont inventé un système d'une extrême vulnérabilité. Des prêts à des taux très attractifs les 2 premières années, mais ensuite, au prix du marché ont été proposés. Une spéculation implicite s'est opérée avec une montée des prix de l'immobilier américain. Cela a fini par faire retourner le marché et augmenter les taux. La crise a eu lieu lors de l'été 2007, au total, 3 millions de ménages n'ont pu faire face à leurs échéances de remboursement et y ont perdu leur logement et leur épargne. La valeur de l'immobilier devenu propriété des banques s'est effondrée devant le nombre de logements à vendre.

1.2. Le marché monétaire

Les opérateurs ont mélangé le financement de l'immobilier des USA avec les SICAV monétaires. C'est ce qu'on a appelé la " titrisation ", on transforme des titres immobiliers en titres monétaires, en échappant à la surveillance des banques centrales. Les " subprimes " boostent alors le marché monétaire et pourrissent le tout, à l'exemple d'une paella où l'incorporation de coquillages de mauvaise qualité entraine la dégradation de l'ensemble du plat. En 2007, la dégradation s'étend à l'ensemble du marché monétaire.

1.3. La multiplication des faillites

Les risques de faillites se sont développés, certains établissements ont été repris et d’autres ont disparu. On pouvait penser qu'il n'était pas possible de faire faillite quand on est d'une taille importante, c'est ce qui est arrivé à Lehman Brothers, un des plus importants opérateurs au monde qui n'a pas été sauvé par l'Etat américain. Cela s'est réalisé le 15 septembre 2008, c'est symbole le plus grave de la crise bancaire.

1.4. La diffusion de la crise

La transmission s'est généralisée car tous les établissements bancaires interviennent sur le plan mondial, et quand l'un ne peut faire face à ses échéances, cela a des conséquences pour les autres qui lui ont fait crédit. Progressivement, suite à ces défaillances, le crédit que les banques se faisaient entre elles s'est effondré. Comme il y a des besoins de liquidités, dans toute l’activité économique, et en particulier pour les fonds de pension américains, qui sont en charge de l'essentiel des retraites, à régler chaque mois, les agents ont vendu rapidement ce qu'ils possédaient, en particulier les actions, dont les cours se sont effondrés. C'est alors que l'on a observé la baisse vertigineuse des Bourses mondiales, les sociétés cotées ont perdu un pourcentage important de leur valeur alors que leur situation réelle et la valeur de leur patrimoine ne justifiaient pas cet effondrement.

1.5. La position de l'Europe

Dans un premier temps, il y a eu une réponse européenne commune et coordonnée. Il fallait rétablir la confiance et cela nécessite du temps et des actions durables. Le renforcement des fonds propres des banques a limité leur fragilité. Les Etats se sont engagés pour se substituer au crédit-interbancaire défaillant afin de sauvegarder les possibilités de distribution du crédit. Le rôle de la banque centrale européenne et de l'euro ont été stratégiques.

Les interventions coordonnées des autorités européennes et américaines en octobre 2008 ont été limites, car à quelques jours près, le système était au bord du précipice avec un effondrement complet du système bancaire international. Pensons que des pays aussi libéraux que les Etats-Unis et le Royaume Uni ont nationalisé des banques !

Mais lors du déclenchement de la crise, tout ceci a été similaire à l’intervention des pompiers, lors d’un incendie, avant d’entamer un lourd travail de reconstruction, et de soigner le mal.

 

2. Les causes de la crise

2.1. Un marché financier international sans foi, ni loi

L'origine de la crise est essentiellement lié au fait qu'il n'y a ni réglementation, ni surveillance dans ce domaine. Les " subprimes " aux USA ont été gérés hors du bilan des banques. S'il n'y a pas de garde-champêtre, les voleurs de poules font la loi. Il faut organiser et réglementer le marché financier mondial, à chaque crise, des ajustements sont possibles.

2.2. Les acteurs

Ce qui a failli, ce sont les hommes et pas les techniques. C'est une faute morale, on a prêté alors que l'on savait qu'il existait un risque majeur de non-remboursement.

On a vendu des produits dont les vendeurs ne comprenaient pas eux-mêmes le fonctionnement. Face à l'attrait de ces produits, les banques voulaient toujours faire mieux que leurs concurrents.

Il n'y a pas de pilote, personne n'est en charge de surveiller ses pratiques. Le FMI (Fonds Monétaire International) a peu pouvoir dans ce domaine.

 

3. Qu’a-t-on fait depuis ?

3.1. Le soutien aux banques

Les banques ont en France, signé des conventions avec l'Etat via un Institut de Régulation des banques pour contrôler les ouvertures de crédit aux PME, la rémunération des dirigeants, les règles de fonctionnement. Un médiateur a été mis en place avec un rôle d'arbitre. Quand il n'y a plus de confiance entre opérateurs bancaires, il ne reste de confiance que dans les Etats, qui interviennent pour permettre d'ouvrir à nouveau des crédits. Si les règles ont été mises en place, on constate que le crédit est devenu plus difficile pour les entreprises et les particuliers. Les banques se sont rétablies, mais pas les entreprises, et le chômage augmente fortement.

3.2. Une réglementation internationale minimale

Il faut donner un statut aux agences internationales de notations, réglementer les " hedge funds " (fonds spéculatifs), et pour surveiller tout cela confier une mission au FMI ou créer un autre organisme. Comme ce rôle sera très important, il est nécessaire qu'à côté des techniciens, il y ait des politiques avec un mode de gouvernance. Le G20 a remplacé le G8, et vient de délibérer à nouveau, à Pittsburg, aux Etats-Unis. On pourra faire un bilan des différents chantiers engagés : relance économique, Fonds Monétaire International (FMI), normes comptables, encadrement des bonus, paradis fiscaux, agences de notation, supervision financière, " hedge funds " (fonds spéculatifs)…

3.3. Les plans de soutien à l'économie

Dans ces circonstances, il est essentiel de soutenir l’activité économique. Tout ce qui touche à l'investissement est essentiel car cela prépare la société de demain. Si on veut être cohérent avec les inquiétudes de l'avenir, il faut investir fortement dans les technologies de l'environnement, facteur de rentabilité car les USA vont s'y mettre et les marchés vont se développer. Le projet de grand emprunt lancé par le président Sarkozy est de cette logique, mais il ne peut être traité sans aborder les problèmes d’endettement.

3.4. Un problème d'éthique

Les valeurs fondatrices de l’économie de marché sont aujourd'hui manquantes, les " néolibéraux " ont effacé des valeurs essentielles telles que le respect du partenaire ou le sens de la mesure. Il faut bien se rappeler que l'idéologie néolibérale représente le fondement des idées économiques des républicains américains au pouvoir depuis 10 ans. Il est donc logique que des réflexions s’engagent sur le sens des valeurs dans nos sociétés.

3.5. L’endettement

Tous les Etats se sont endettés à des niveaux jamais atteints en temps de paix. La France est dans une situation particulière, car elle a abordé la crise avec un endettement plus important que celui de ses partenaires. Elle a donc moins de possibilités de relance, et elle a augmenté de manière considérable cet endettement, qu’il faudra résoudre rapidement par des mesures qui seront désagréables.


Jean-Pierre Clève

Par Jean-Marc
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Samedi 4 avril 2009 6 04 /04 /Avr /2009 20:23
 

Un saint homme tenait un jour une conversation avec Dieu.


Il lui dit :- Seigneur, j'aimerais savoir comment est le paradis et comment est l'enfer ?

Dieu conduisit le saint homme vers deux portes.

Il ouvrit l'une d'entre elles et permit ainsi au saint homme de regarder à l'intérieur.

Au milieu de la pièce, il y avait une immense table ronde.

Et, au milieu de la table, il y avait une grosse marmite contenant un ragoût à l'arôme délicieux.

Le saint homme saliva d'envie.

Les personnes assises autour de la table étaient maigres et livides.

Elles avaient, toutes, l'air affamé.

Elles tenaient des cuillères aux très longs manches, attachés à leurs bras.

Toutes pouvaient atteindre le plat de ragoût et remplir une cuillerée.

Mais, comme le manche de la cuillère était plus long que leurs bras, elles ne pouvaient ramener les cuillères à leur bouche.

Le saint homme frissonna à la vue de leur misère et de leurs souffrances.

Dieu lui dit :
Tu viens de voir l'enfer...


Tous deux se dirigèrent alors vers la seconde porte.

Dieu l'ouvrit, et la scène que vit le saint homme était identique à la précédente.

Il y avait la grande table ronde, la marmite de délicieux ragoût, qui fit encore saliver le saint homme.

Les personnes autour de la table étaient également équipées de cuillères aux longs manches.

Mais, cette fois, les gens étaient bien nourris, replets, souriants et se parlaient en riant.

Le saint homme dit à Dieu :

- Je ne comprends pas !

- Eh bien, c'est simple, répondit Dieu à sa demande, c'est juste une question d'habileté.


Ils ont appris à se nourrir les uns les autres, tandis que les gloutons et les égoïstes ne pensent qu'à eux-mêmes.

 

Par Jean-Marc
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