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Blog d'économie et de politique. La mondialisation et l'Europe sont des sujets majeurs.

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Mondialisation et régulation :

Réponses de Jean-Marc à commentaires de Jean-Jacques

Jean-Jacques : "il manque à ton analyse la dimension " temps "."

 

Jean-Marc : Au contraire, j'ai analysé plusieurs millénaires. Sinon, effectivement dans ton "long terme" (15 à 50 ans, ce n'est pas la même échelle !) il pourrait y avoir un ralentissement des délocalisations du fait du pétrole, mais ce n'est pas certain, car il pourrait y avoir des énergies de substitution. Sur la période que j'ai étudiée, il y a eu parfois des retours en arrière de la mondialisation qui ont duré 50 ans voir un siècle, mais la mondialisation est toujours revenue avec encore plus de force. De plus, la mondialisation ne s'arrête pas aux transports. Les nouvelles technologies (Internet, TV satellites etc.) font que la circulation d'idées ne s'arrêtera pas aussi facilement que tu le penses. C'est déjà en cela que la mondialisation a un caractère quasi inéluctable. De plus, quinze ans à cinquante ans, au niveau d'une vie, c'est énorme et je doute que les pauvres et exclus aient envie d'attendre tout ce temps juste pour voir si tu dis vrai…

 

Jean-Jacques : "…l’éventail des salaires va se réduire considérablement. Ce fut le cas au début de l’intégration de l’Espagne, du Portugal et de la Grèce dans l’Union Européenne."

Jean-Marc : Il ne faut pas confondre l'intégration de l'Espagne (quelques dizaines de millions de personnes) avec l'intégration de la Chine et de l'Inde (populations de l'ordre du milliard dans les deux cas). L'arrivée en continu depuis quelques temps (et ce n'est pas fini…) de centaines de millions de Travailleurs sur le marché mondial déstabilise le marché de l'emploi et tire les salaires et les conditions de travail vers le bas (loi de l'offre et de la demande).

 

L'arrivée de nouveau Travailleurs pourrait être bon pour l'économie, car cela pourrait créer de la demande (nouveaux consommateurs). Le problème est que, trop souvent, il y a substitution d'emplois correctement payés par d'autres très mal payés. C'est-à-dire que, au lieu de fabriquer en Europe on fabrique en Chine. C'est déshabiller Pierre pour habiller Paul. Nos ouvriers qui étaient à peut près correctement payés perdent leurs emplois. Ils sont remplacés par de la main d'œuvre mal payée et se contentant de mauvaises conditions de travail. De plus en plus de professions vont subir le même sort que les ouvriers (opérateurs dans les centres d'appels, ingénieurs etc.)

 

Jean-Jacques : "Je te renvoie pour cela au dernier numéro spécial de " Alternatives économiques " intitulé : " Les chiffres de l’économie 2007 " où par exemple, page 75, il est clairement expliqué que la France est très attractive pour les entreprises étrangères

 

Jean-Marc : Oui, la France est attractive (n'en déplaise à ceux qui fustigent les 35 heures). Cela tient à plusieurs facteurs. Le pays lui-même et la qualité de vie. Les infrastructures et les services publics qui fonctionnent mieux que dans bien d'autres pays (il suffit de voyager un peu pour s'en rendre compte). Les salariés bien formés, sérieux et travailleurs (et oui !). L'excellente productivité horaire des Français. Les salaires raisonnables (mais moins "bradés qu'en Chine et en Inde cependant). Je m'en réjoui, mais ce n'est pas suffisant. L'effet Chine et Inde n'en est qu'au début (l'arrivée des voitures chinoises en France est prévue au 1er janvier 2007…) et nous avons déjà, depuis 20 ou 30 ans, des chômeurs et des pauvres en masse. C'est dans les années 80 que sont apparus les "nouveaux pauvres". Il est plus que temps de faire réellement quelque chose. Le système actuel avoue ses faiblesses depuis plus de 20 ans !...

 

Jean-Jacques : "le second (élément régulateur) ne peut pas être discuté : il s’agit de la fin du pétrole. A l’horizon 2050, quand il n’y aura plus de pétrole à consommer sur Terre, ou que son prix sera devenu trop élevé, on consommera naturellement sur place ce qu’on produira sur place."

(

 

Jean-Marc : J'ai évoqué moi-même la fin du pétrole et même posé la question du développement durable. Je n'ai donc pas évacué cette question. Je pense qu'à terme, des solutions seront trouvées. On parle déjà de "pétrole vert" (E85 et autres). Les études en cours sur les batteries pourraient révolutionner l'automobile (moteurs électriques). Des études sont en cours sur des "bâtiments intelligents" qui diminueraient la consommation d'énergie, voire qui en restitueraient etc. Ce ne sont pas des rêves, ce sont des études existantes, sérieuses et prometteuses.

 

Jean-Jacques : "Je dirai donc ici que ce qui est inéluctable, c’est la fin de la mondialisation."

 

Jean-Marc : Permet moi de te dire, Jean-Jacques, que tu rêve un peu… Même si le problème du pétrole peu ralentir la mondialisation côté transports et circulation de biens (et encore, avec les solutions de remplacement, ce n'est même pas certain), côté circulation d'idées et de cultures ce ne sera pas le cas. Par ailleurs, le manque de pétrole n'empêchera pas d'avoir beaucoup de services immatériels à l'étranger (centre d'appels, services financiers, bureaux d'études etc.) Et puis, nous ne sommes qu'aux balbutiements de la conquête de l'espace…

 

Jean-Jacques : "Autre remarque, sur tes propositions cette fois. Tu proposes de TOUT réguler par les taxes, et, singulièrement, les droits de douane. En économie capitaliste " normale ", c'est-à-dire même pas " ultra-libérale ", cela ne fonctionnera pas.

 

Jean-Marc : Les antilibéraux te répondraient : "Ca tombe bien, nous ne voulons pas du système capitaliste." Quant à moi, je te réponds que mon système est compatible d'une politique de droite comme de gauche. Le système capitaliste s'accommode déjà (plus ou moins bien) de prélèvements à hauteur de 44 % du PIB (c'est déjà énorme), et, en particulier, de taxes sur le travail complètement aberrantes dans l'économie mondialisée actuelle (pour 150 euros payés par le patron, charges patronales comprises, le salarié en touche 100 brut et moins de 80 en net !). Dans mon système, je taxe d'un côté (importations) et je détaxe de l'autre (le travail). Globalement, les prélèvements restent d'un montant inchangé. J'irais même plus loin : mon système relançant l'économie, à taux de prélèvement égal, cela donnera plus d'argent ; il y aura également moins de pauvres puisque les gens trouveront plus facilement du travail correctement rémunéré. Et là, selon que l'on est de droite ou de gauche on peut soit baisser les prélèvements, soit augmenter les prestations sociales (ou même faire les deux).

 

Jean-Jacques : "Les industriels sont tous contre l’accumulation des taxes dont ils sont l’objet,"

 

Jean-Marc : Mon système n'augmente pas les taxes des industriels :

- S'ils font du "100% français", ils ne paient rien de plus, par contre ils seront davantage compétitifs sur le marché intérieur par rapport à leurs concurrents étrangers.

- S'ils achètent une partie à l'étranger, cette partie sera taxée, mais cette règle s'applique également à leurs concurrents, donc le consommateur paiera (d'où ma compensation en retirant les taxes sur le travail au bénéfice des salariés et l'augmentation des retraites et des prestations sociales).

- Les importations qui seraient intégrées dans un produit exporté pourraient être détaxées afin que les industriels qui produisent sur le territoire français soient compétitifs sur le marché mondial.

 

Jean-Jacques : "Il faudrait en outre que TOUS les gouvernements soient d’accord entre eux, ce qui n’est pas le cas, loin s’en faut.

 

Jean-Marc : Je ne vois pas pourquoi il faudrait que TOUS les gouvernements soient d’accord entre eux. Par exemple, la Chine met des droits de douane énormes sans nous demander notre avis. Par contre, les règles européennes actuelles imposent un "tarif unique", par ailleurs très bas. L'Europe est réputée pour être la zone la plus "passoire" du monde. Je ne vois pas très bien l'intérêt de l'Europe à se fourvoyer dans cette voie. Il faudra faire évoluer l'Europe, sinon de plus en plus de personnes vont la rejeter (29 mai : rejet du TCE…). D'ailleurs l'Europe évolue déjà : augmentation de droits de douane sur des importations chinoises (sauf qu'elle a oublié d'augmenter les salaires, retraites et prestations sociales pour compenser…)

 

Il me semble que beaucoup de pays trouveront intérêt à mon système : des Etats-Unis aux pays africains en passant par l'Allemagne, l’Italie etc. Cela mérite d'être soumis à l'OMC pour en faire une règle mondiale.

 

Jean-Jacques : "Je juge donc ces propositions utopiques…"

 

Jean-Marc : Je pense, au contraire, que c'est le système actuel qui est utopique. C'est une "machine à exclure". Les gouvernements qui se succèdent penchent entre deux façon de gérer la misère : soit en augmentant les prélèvements (donc moins de compétitivité et ralentissement de l'économie, donc davantage de besoins sociaux et moins d'argent pour les satisfaire) soit en diminuant les prestations pour faire des économies (d'où misère accrue et mécontentements). Conséquences : chômage de masse persistant, misère profonde ; aux élections l'abstention est forte, les extrêmes montent. Où cela va-t-il mener ?

 

Par ailleurs, le système actuel ne prend pas en compte le développement durable. Il est utopique de penser que l'on peut continuer comme cela. Mon système a le mérite d'inclure une forte incitation économique pour que tous les pays adhèrent à une charte de l'environnement à côté de la charte sociale.

 

Jean-Jacques : "Par contre, ce qui pose problème réellement, c’est le capitalisme financier mondialisé et tout ce qui tourne autour. Je te suis assez volontiers dans tout ce que tu en dis, je ne m’étendrai donc pas. De ce point de vue, la taxe Tobin sur les capitaux spéculatifs serait une bonne chose, et je pense que les discussions se poursuivent actuellement sur ce sujet même si on n’en parle pas beaucoup."

 

Jean-Marc : Nous sommes d'accords.

 

Jean-Jacques : "Juste un point d’importance cependant : la fixation du taux de change des monnaies. Si la Chine est si attractive, ce n’est pas tellement parce qu’un chinois travaille plus en gagnant moins qu’un ouvrier européen, même si c’est vrai, mais parce que le taux de change du yuan en euros ou en dollars est fixé artificiellement par un accord tacite entre les chinois et les américains. En effet, si un kilo de pain coûte l’équivalent de 10 centimes d’euro en Chine, avoir un salaire de 80 euros par mois permet à un chinois de se nourrir et de vivre tout à fait correctement. " Il n’y aurait donc qu’à " porter ce taux de change à sa valeur normale, et une grande partie des délocalisations en Chine ne se ferait plus, tout comme les exportations de Chine vers l’Europe et le reste du monde seraient rendues plus difficiles. Mais il y a tellement d’intérêts en jeu pour que cela ne se fasse pas qu’on a peu de chance de voir s’appliquer cette solution " simple ", du moins dans l’immédiat.

 

Jean-Marc : Là aussi, nous sommes d'accords : plus précisément sur le taux de change chinois (pas vraiment sur le "permet à un chinois de se nourrir et de vivre tout à fait correctement"). Et je précise que mon système permet de s'affranchir de la bonne volonté de la Chine. Mon système profitera également aux Travailleurs chinois, car il incite à l'adhésion à une charte sociale (que j'imagine à plusieurs degrés correspondant à plusieurs niveaux de taxes) afin de tirer tous les Travailleurs vers le haut plutôt que vers le bas comme actuellement. Il ne faut pas oublier que les Travailleurs chinois (qui travaillent dans des conditions difficiles) sont eux même en concurrence avec les centaines de millions de leurs compatriotes qui sont encore dans les campagnes et ne sont pas encore rentrés dans le système mondial actuel… D'où l'importance de mettre mon système en application pour le bien de tous.

 

Jean-Marc

 

Voir le texte d'origine de Jean-Jacques :

 

http://quentinphilo.over-blog.com/article-4211280-6.html#anchorComment

 

 

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